Rétrospective Cabu, dessinateur de presse

Rétrospective Cabu, dessinateur de presse

Rétrospective Cabu, dessinateur de presse
Exposition du 12 juin au 31 octobre 2009
Au Musée Raymond Lafage

Le Musée Raymond LAFAGE, une institution plus que centenaire.

Le Musée a vu le jour en 1890 sous l’impulsion de deux chercheurs locaux,
Achille Gaillac et Jules Rigaud, passionnés d’archéologie et de peinture.
Aujourd’hui l’esprit insufflé par la 3ème république se perpétue et permet d’offrir au public toujours plus nombreux des expositions de qualité.
Depuis quelques saisons, le Musée revit et propose des expositions temporaires. La Gravure ou l’Estampe et le Dessin font des retours marquants , et depuis peu le Dessin de Presse a fait une entrée remarquée. Tout d’abord, l’exposition WOLINSKI « Un Témoin de son Temps » a permis au Musée, l’espace d’un été, de devenir le troisième Musée Départemental en terme de fréquentation.
Il est devenu un lieu de convivialité où plaisirs des mots et plaisirs de la bouche se mêlent.

Pour l’été 2009, le dessin et la caricature de presse reprennent possession des salles du musée.

Georges Wolinski devient le parrain de l’exposition consacrée au « Dessin de Presse ». Il accueille Cabu pour une rétrospective de son œuvre.

En 2009, Lisle-sur-Tarn est fière d’accueillir Cabu dans son Musée Raymond Lafage. Et c’est encore une fois l’histoire d’une rencontre…

Georges Wolinski, que nous avions reçu l’année dernière avec un immense plaisir, fut si charmé des délectations que notre région lui avait offert, qu’il en parlât à son ami Cabu. Les chaleureuses confidences de Georges Wolinski transportèrent l’esprit de Cabu.

Le fait qu’un Musée labellisé s’intéresse de si près aux caricaturistes, a sensibilisé ces artistes. De plus, le public adhère totalement, l’aventure se doit de continuer à présenter une richesse de notre patrimoine. Les talents sont nombreux parmi les caricaturistes, dessinateurs de presse.

Le Musée Raymond Lafage rend hommage à Cabu, en organisant sa 2ème exposition personnelle en 50 ans de carrière, après Paris en 2007.

On connaît le caricaturiste et sa plume aiguisée, on découvre un dessinateur généreux, le trait nerveux et élégant, le carnet de croquis toujours à portée de main.
Cabu a tout fait et sait tout faire. Il a façonné en France un nouveau genre artistique, celui du reporter en dessins.
Du trait politique au croquis sur le vif, sa palette est celle d’un artiste complet, piéton infatigable d’un Paris dont il acte toutes les mutations.

Bienvenue à LISLE-SUR-TARN Monsieur Cabu.

Le portrait
Faire un trait épuré avec de l’encre de Chine, un mouchoir pour effacer les tâches, une plume, une paire de ciseaux, de la colle. Pas d’ordinateur, juste une photocopieuse pour agrandir ou diminuer un détail…

Cabu, comme sa ville natale, a changé de nom.
Jean Cabut est né le 13 janvier 1938 à Châlons-sur-Marne (aujourd’hui Châlons-en-Champagne). Sur ses cahiers d’école, des croquis fourmillent au milieu des formules de chimie. Dès l’âge de 15 ans, il signe trois dessins par semaine dans l’Union de Reims, un journal local avec la signature J.K-BU. À 18 ans, le prénom a disparu mais la consonance est déjà là (K-BU). C’est à l’occasion de sa première page pour Paris-Match, (il n’a pas 20 ans) qu’il adopte le Cabu que l’on connaît. À 20 ans, il part pour la guerre d’Algérie. Basé à Constantine, il dessine dans Bled, une publication militaire, et signe La Fille du Colonel. Après 27 mois de mobilisation, il en reviendra antimilitariste. L’adjudant Kronenbourg est inspiré de cette période. Il collabore alors à Hara-Kiri – en compagnie du Professeur Choron, Reiser, Topor, Gébé, Fred, Wolinski… – dès le premier numéro, sous la direction de Cavanna.

À la fois dessinateur et journaliste-reporter, Cabu s’approprie un style : celui de dessinateur de presse. Du trait politique au croquis sur le vif, son carnet est le vivier d’un artiste complet. Très vite, il donne de la plume à tout vent et multiplie les collaborations. De la BD avec l’invention de son personnage « le grand Duduche » (Pilote), du croquis d’audience en couvrant le procès Ben Barka pendant 45 jours pour le Figaro (d’avant Hersant), du croquis de théâtre dans Paris-Presse l’Intransigeant, du dessin pour enfant dans l’émission de Dorothée Récré A2, sans oublier également les dessins en direct sur les plateaux mouvementés de Droit de réponse(Michel Polac), les dessins politiques du Canard Enchaîné, les reportages dans Charlie Hebdo et le personnage du Beauf pour Hara-Kiri ou encore a dessiné la pochette du 3e album de Maxime Le Forestier intitulé Caricatures.

Lisle-sur-Tarn est fière d’accueillir ce dessinateur de talent. Le Musée Raymond Lafage reçoit : « Rétrospective Cabu dessinateur de presse », cinquante ans de carrière, une sélection de trois cents dessins et croquis témoignent des comportements politiques et sociaux contemporains. On connaît le caricaturiste, on découvre le dessinateur reporter généreux, sensible, pudique, naïf et sincère.

L’exposition

En cinquante ans de carrière et plusieurs milliers de dessins, c’est la deuxième fois que Cabu fait l’objet d’une grande exposition personnelle. Après l’exposition à l’Hôtel de Ville de Paris en 2007, Lisle-sur-Tarn est très honorée d’accueillir Cabu.

Le dessin

« J’ai le souci de remplir la page. Je ne veux pas voler le lecteur », aime à dire ce dessinateur peu amoureux du minimalisme en dessin mais qui se sent plus d’affinité avec la générosité et la virtuosité d’un Dubout. Cabu a horreur du blanc. Pas de place perdue chez lui, il faut qu’il remplisse. Les carnets de croquis permettent de saisir en instantané une silhouette ou une expression, mais dans ses dessins, c’est le modèle qui sert de guide. Il peut tout aussi bien l’esquisser en deux coups de crayon que s’attacher aux détails de ce dernier.

Le trait

L’exposition s’articule autour de la richesse de l’œuvre de Cabu. En cinquante ans de dessins et de croquis, l’exposition révèle que la maturité, le style et l’humour étaient déjà présents dès ses débuts. Le trait vif et léger témoigne de la maîtrise et de la rapidité d’exécution. Pour parfaire son trait, et parce que travailler la caricature au quotidien « déforme » la main, Cabu s’oblige à une véritable discipline. Il fréquente régulièrement les cours de l’Académie Julian pour se « redresser la main ». Mais même si Cabu, comme un musicien qui ferait ses gammes travaille aussi le nu, il n’a jamais pour autant développé une œuvre personnelle. Cabu admire Toulouse-Lautrec ou Degas (« Des as en dessin ! Ah ! Les dessins de Rembrandt ! ») bien davantage qu’un Cézanne dont la couleur vient (admirablement) compenser la plus légère faiblesse du trait. Pour parfaire son travail, il fréquente avec assiduité les salles du musée du Louvre. « Je ne suis pas un assez bon coloriste » pense-t-il.
Et pourtant… L’exposition prouve le contraire.

L’humour

Dans le travail de Cabu, il y a le temps du dessin et le temps de l’humour.
Le gag, comme un point final apporté au dessin, comme la chute que l’on attend dans chaque histoire, vient se placer de préférence en bas à droite. Mais Cabu n’a ni méthode ni astuce, ce serait trop facile. Il a en revanche parfaitement bien intégré toute la mécanique du burlesque, et lui qui jamais ne pratique un humour de jeux de mots mais davantage celui des situations, se rapproche en cela de ses maîtres en la matière, un Jacques Tati pour l’art du décalage, le tandem Laurel et
Hardy pour l’esprit farceur et jovial.
Si Cabu n’a pas inventé le genre du journalisme en dessin, il en a largement posé les jalons en France et façonné les contours. L’esthétique de la case BD, cette façon de scénariser une situation ou un élément d’actualité, le commentaire donné aux protagonistes, le tout dans une perspective avant tout humoristique, nombreux sont les dessinateurs d’une génération plus jeune que la sienne à travailler ainsi aujourd’hui.

L’humour fonctionne de pair avec la caricature. C’est un art de la grimace qu’il faut aller chercher en chaque visage. Au millimètre près, l’oeil doit être capable de comprendre et d’intégrer tous les éléments du dessin en très peu de secondes. C’est assez mystérieux comme alchimie. Il faut faire plus vrai que vrai, aller plus loin que ce qui est dit, débusquer l’hypocrisie et oser mettre des mots sur ce qu’un officiel ne peut verbaliser mais a le droit de penser.
De toute cette mécanique du gag, Cabu ne peut aujourd’hui se défaire. Elle est tatouée en lui, elle est son moteur. En cela, Cabu n’est pas un simple archiviste. Cabu, il a un truc en plus.

Fermer doucement la porte à la plume

En quittant l’exposition, on se rend compte qu’elle s’articule autour de la richesse de l’œuvre de Cabu. En cinquante ans de dessins et de croquis, l’exposition révèle que la maturité, le style et l’humour étaient déjà présents. Tout l’art de Cabu est dans une faculté de savoir capter et attraper le réel. Ses dessins parlent vrais, rendent hommage à un art populaire et sont d’une grande crédibilité.

Éléments présentés dans le cadre de l’exposition

  • 150 planches originales composées de différents dessins de Cabu ayant trait à l’actualité politique ou sociale réalisés sur une période de cinquante ans.
  • 50 planches des planches originales composées des dessins de Cabu ayant trait à la bande dessinée : « Le nez de Dorothée ».
  • 50 planches des planches originales composées des dessins de Cabu ayant trait à Charlie Hebdo : « La méthode à Cabu pour apprendre à dessiner ».
  • 100 planches originales composées de différents dessins de Cabu ayant trait au « Grand Duduche ».
  • La présentation du livre de Cabu : « Le grand Duduche, l’intégrale », aux éditions Vents d’Ouest.
  • La présentation du dernier Charlie Hebdo de Cabu (Hors série) : « La méthode à Cabu pour apprendre à dessiner ».
  • Les carnets de croquis de Cabu, témoins de son travail de dessinateur sur le vif.
  • Deux films courts produits par Bonne Compagnie :
    • Cabu dessine (4′)
    • Le Paris qu’aime Cabu (9′)

Les livres qui accompagnent l’exposition

Un appendice tout à fait inattendu du « Discours de la Méthode à Cabu » parce que léger, bizarre, fantaisiste. Cabu y dévoile le monde dans ce qu’il a d’imprévisible. Chaque planche est une fable onirique susceptible de faire le régal de tout être se laissant aller au langage de l’image. Hors série n°25H. (6 euros)

Parce que les sept tomes d’origine sont déjà épuisés dix ans après la création du Grand Duduche, une intégrale est proposée. Un beau bébé de 3,4kg et 640 pages dont plus de 200 inédites. Le papa Cabu et les lecteurs se portent bien… Le grand Duduche, l’intégrale. Editions Vents d’Ouest. (49 euros)

Sélection d’ouvrages de Cabu

  • Le Grand Duduche, Dargaud, 1968
  • Mon Beauf, Le Square, 1974
  • Le Gros Blond avec sa chemise noire, Albin Michel, 1988
  • Tonton 1er, roi de France, avec Jérôme Duhamel, Belfond, 1988
  • Adieu Tonton, Albin Michel, 1992
  • Secrets d’Etat, Albin Michel, 1994
  • Chirac flippe, L’Archipel, 1996
  • Revoir Paris, Arléa, 1996
  • Le Retour du gros blond, Albin Michel, 1998
  • Duo à l’Elysée, Le Cherche-Midi, 1998
  • Vas-y Jospin !, Albin Michel, 1999
  • A gauche toute, Albin Michel, 2000
  • Ma Ve République, Editions Hoëbeke, 2001
  • L’Etranger de Cabu, Le Cherche-Midi, 2002
  • Le monde des images, avec L. Gervereau, Robert Laffont, 2004
  • Cabu in jazz, Editions du Layeur, 2004
  • Sarko circus, Le Cherche-Midi, 2004
  • Chroniques papales, Éditions du Layeur, 2005
  • Trenet, la vie en mauve, avec Stéphane Ollivier, éditions Nocturne, 2005
  • Cabu et Paris, Editions Hoëbeke, 2006
  • Les Années 80, Vents d’ouest
  • Mai 68 , Michel Lafon 2008

Renseignements :
Musée Raymond Lafage
10 rue Victor Maziès – 81310 Lisle-sur-Tarn.
Ouvert tous les jours de 10h00 à 12h00 et de 15h00 à 18h00, sauf le mardi.
Téléphone : 05 63 40 45 45
Email : musee.lislesurtarn@wanadoo.fr

Source et affiche : Communiqué du Musée Raymond Lafage.


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