
Depuis hier, lundi 7 décembre 2009 est ouvert le Sommet de l’ONU sur le climat.
192 pays représentés par plus de 30 000 délégués se réunissent à Copenhague au Danemark jusqu’au 18 décembre pour tenter de s’entendre sur la marche à suivre afin de lutter contre les changements climatiques.
Copenhague, un rendez-vous crucial pour le climat et l’humanité
Le changement climatique a déjà des conséquences dramatiques. Les premières victimes sont et seront à l’avenir les populations déjà les plus vulnérables et les pays les plus pauvres : crises humanitaires, exodes, atteintes aux droits de l’homme risquent de se multiplier dans un futur proche. C’est pourquoi une coalition inédite d’organisations françaises de solidarité internationales, de défense de l’environnement et des droits de l’homme lance un appel au président français, en vu du Sommet de Copenhague.
En décembre, le Danemark va accueillir le prochain sommet international des Nations Unies sur le climat. La communauté internationale doit y élaborer un accord global qui prendra la suite du protocole de Kyoto.
Copenhague : l’après-Kyoto
Ratifié par 175 pays (à l’exception notable des États-Unis), ce premier traité international de lutte contre les changements climatiques est entré en vigueur en 2005. Il prévoit une réduction des quantités de gaz à effet de serre émises par les pays industrialisés d’au moins 5,2 % d’ici à 2012, par rapport aux niveaux de 1990. Le traité de Kyoto arrive à expiration fin 2012. Le nouvel accord international devrait couvrir la période 2013-2017.
Le compte à rebours est lancé !
Si un accord ambitieux et fort est signé à Copenhague puis ratifié par tous les États, nous serons dans les délais pour contenir l’augmentation des températures en deçà de 2°C et éviter l’emballement climatique… Sinon, il deviendra quasiment impossible de maîtriser les impacts irréversibles d’un grave bouleversement du climat.
La France et le sommet de Copenhague
La France ne s’exprimera pas en son nom propre au sommet de Copenhague mais au sein de l’Union Européenne. Parmi les pays industrialisés, responsables historiques du changement climatique, l’Union Européenne est l’un des acteurs clés pour aboutir à un accord suffisamment ambitieux et éviter le chaos climatique. Et la France doit peser de tout son poids au sein de l’UE pour que celle-ci tire le futur accord climatique vers le haut.
Quel accord international à Copenhague ?
L’accord de Copenhague ne sera un succès que s’il donne au monde les moyens de contenir l’augmentation moyenne des températures sous la barre de 2°C. Au-delà , le dérèglement du climat aura des conséquences catastrophiques et irrémédiables…
Un tel scénario ne sera possible que si, à Copenhague, les gouvernements concluent un accord fondé sur trois engagements majeurs :
- Les pays industrialisés adoptent des objectifs contraignants de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020 (par rapport aux niveaux de 1990). Ces objectifs devront être réalisés en grande partie sur leurs territoires nationaux.
- Les pays industrialisés débloquent 100 milliards d’euros par an d’ici à 2020 pour aider les pays en développement à :
- construire un modèle énergétique durable et sobre en carbone
- s’adapter aux impacts des changements climatiques, mieux gérer les risques liés aux catastrophes naturelles, répondre aux crises humanitaires qui seront de plus en plus récurrentes, etc.
- lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts, responsables de 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
- Les pays en développement s’engagent à leur tour à limiter la croissance de leurs propres émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020.
Les nations industrialisées disposent des plus importantes ressources financières et technologiques. Elles doivent donc réduire massivement leurs émissions, mais aussi aider les pays du Sud à réduire les leurs et à s’adapter aux impacts. Dans le cadre des négociations de Copenhague, les nations industrialisées doivent faire le premier pas, et s’engager à fournir une aide financière et technologique aux pays en développement.
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Une réaction
Copenhague est un échec. Et après. Qui s’attendait à autre chose ? Que pouvait-on attendre d’autre des gouvernements actuels et des situations socio-économiques actuelles ? Les États Unis, pays monde, n’a jamais suivi et ne suivra jamais le reste du monde, l’autre monde. La Chine et l’Inde qui explosent maintenant qu’ils suivent en bons élèves le système économique occidental ne pourront pas adhérer avant longue date à une bifurcation globale de ce même système. Les pays en voie de développement n’ont pas les moyens de se poser la question. Il reste donc l’Europe qui semble être proche de l’exploit. Mais il faudrait davantage de maturité à la communauté européenne. Actuellement, l’Europe n’est pas autre chose que « les pays de l’europe ». La communauté européenne n’existe pas, alors comment aboutir à un accord commun d’une utopique communauté mondiale ? C’est essentiellement du temps perdu et de l’image médiatique pour les politiques. La politique ne sauvera pas le monde pour la simple et bonne raison qu’elle n’en a pas la vocation. L’action de la politique s’arrête là où commence le pouvoir qu’elle s’octroie. La politique a plus à faire en s’évertuant à rester au pouvoir qu’à sauver la planète. Alors comment faire face à un phénomène qui dépasse les gouvernements et qui n’est plus de la compétence du pouvoir politique ?
Rien, si l’on pense que ce qui doit arriver arrivera. Le fatalisme a sans doute de bons jours devant lui. Mais dans des pays comme la France où plus de 90% de la population a reçu une éducation censée lui permettre de comprendre les causes et leurs conséquences on est en droit de s’attendre à autre chose qu’une simple fatalité.
Le plus consternant c’est que ce n’est pas la technologie qui est à l’origine du bouleversement climatique, mais l’utilisation que nous en faisons. Et c’est justement la technologie qui pourrait, qui peut, nous permettre de réagir face à l’ampleur des dégâts. L’humanité n’a jamais possédé autant de solutions pour agir en faveur du plus grand nombre. Ce qui l’en empêche, c’est encore une fois la politique, et surtout la tradition politique qui est de maintenir un ordre établi, à savoir la domination d’une minorité sur une majorité par le truchement d’une mécanique bien huilée. Tant que nos gouvernements gouverneront non pas pour nous apporter le meilleur mais pour se garder le meilleur il n’y aura pas de progrès social. Nous entendons par progrès social, non pas que le citoyen moyen d’aujourd’hui ait plus que le citoyen moyen d’hier, c’est une évidence, mais qu’il n’y ait plus de citoyen moyen. C’est à dire que le progrès (technologique, mais aussi intellectuel) soit partagé par tous. Humainement rien ne justifie que deux pourcent des personnes adultes, soit bien moins de un pourcent de la population mondiale, possède plus de la moitié des richesses. Encore une fois, seule la politique le justifie !
S’il n’y a rien à attendre des gouvernements, des états, des politiques quelqu’elles soient, faut-il pour autant retomber dans le fatalisme ? Notre éducation ne nous permet-elle pas d’accéder individuellement à autre chose que la fatalité ? Notre éducation ne nous sert-elle qu’à produire et à consommer de l’inutile ? Notre éducation ne peut-elle nous permettre à titre individuel de réagir, et d’agir ? Notre éducation qui est loin d’être égalitaire reste la chose la mieux partagée dans la société occidentale, c’est pourquoi nous pensons que c’est le seul levier sur lequel chacun puisse s’appuyer (et doit relever) pour prendre conscience du problème qui se pose à l’humanité. Le problème du réchauffement climatique est un problème mondial dans le sens global. C’est à dire qu’il englobe tous les autres problèmes, les problèmes de l’individu, les problèmes du groupe, de la communauté, de la société, de l’état, d’un ensemble d’états, d’un continent, etc. Or, pour que l’action soit mondiale, il faut que chaque état réagisse, pour que chaque état réagisse il faut que chaque société qui le compose réagisse, pour que chaque société réagisse il faut que les communautés réagissent, pour que les communautés réagissent il faut que les groupes réagissent, et pour que les groupes réagissent il faut que les individus réagissent. Et que faut-il pour qu’un individu réagisse ? une prise de conscience de sa place dans le monde. C’est à ce prix, c’est à dire au prix d’un effort intellectuel d’une prise de conscience individuelle et collective (dans le sens « tous ensemble »), que nous pourrons agir rapidement et humainement (c’est l’enjeu principal) en faveur du climat.
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