
Dans le cadre de la commémoration de la grande grève des ouvriers mégissiers 1909-1910 ville de Graulhet organise un Concert-promenade samedi 6 février 2010 en des lieux symboliques de la grève pour l’Inauguration du «parcours des grévistes.
A chaque étape, pause musicale avec Sylviane Blanquart, ses chansons, son orgue et la chorale « Fiesta »
Départ à 14h00, Place Henri Mérou - Graulhet.
Le début du XXe siècle a été marqué par de nombreux conflits sociaux qui ont éclaté sur le territoire français. Issues de la révolution industrielle et de la naissance de la classe ouvrière, les revendications liées aux conditions de travail et aux salaires ont souvent amené des travailleurs à faire grève, au sein d’une corporation professionnelle.
La multiplication de ces conflits a structuré progressivement les revendications, pour arriver trois décennies après, aux conquêtes sociales du Front Populaire, au profit de tous les travailleurs.Il y a un siècle, pendant 5 mois, à Graulhet, les 1800 ouvriers mégissiers ont participé à l’élaboration de ces grandes victoires sociales et collectives. Leurs revendications concernant les salaires et le temps de travail n’ont été qu’en partie satisfaites. Pourtant, ce conflit, comme les nombreuses étincelles du début du XXe siècle ont permis la reconnaissance du mouvement ouvrier, de son unité et de son combat.
Aujourd’hui, se souvenir ensemble de cette page d’histoire graulhétoise, c’est comprendre que nos acquis sont le fruit de l’investissement et de la solidarité de femmes et d’hommes qui ont mis en jeu leur destin individuel au profit des conquêtes collectives.
Après un siècle, se souvenir, c’est aussi leur dire notre gratitude, c’est surtout dire notre fidélité à ce mouvement historique de conquêtes sociales…
Claude Fita

Qui se souvient de 1909 ? Personne évidemment. Pourtant, cette année-là , en décembre précisément, démarrait à Graulhet une des plus longues grève de l’histoire de l’industrie du cuir françaises.
5 mois de grève et de solidarité
147 jours ! Pendant pratiquement 5 mois, entre le 6 décembre 1909 et le 2 mai 1910, les ouvrières et les ouvriers mégissiers de Graulhet - on les appelait les « moutonniers » - se sont mobilisés.
Les femmes sont à l’origine de la grève. Elles n’en pouvaient plus : au printemps 1909, suite à une grande grève des délaineurs de Mazamet qui fournissaient la matière première à la mégisserie locale, les ouvriers graulhétois avaient subi une longue période de chômage technique. En décembre, l’hiver était là , carrément froid, et la longue période de chômage n’avait pas permis de faire des réserves. C’est alors que les femmes se sont réunies, un samedi après-midi, et qu’elles ont voté la grève.
A l’époque, elles ne gagnaient que 2 francs, quand les hommes en gagnaient quatre, pour une journée de travail aussi longue, aussi dure.
Lorsque les femmes votèrent la grève, elles furent immédiatement rejointes par l’ensemble des ouvriers de la ville, plus de 1600 personnes au total.
Les commerçants locaux furent solidaires et firent crédit.
Les élus furent solidaires et tentèrent d’organiser la conciliation entre patrons et ouvriers. Les cités ouvrières de la région furent solidaires et accueillirent les petits Graulhétois en « exode » dans des familles de mineurs de Decazeville ou de Carmaux, chez les verriers d’Albi ou les délaineurs de Mazamet. Les syndicats de toute la France furent solidaires et envoyèrent régulièrement l’argent indispensable pour acheter la viande, les légumes et le vin nécessaires pour nourrir 3000 personnes dans les « soupes communistes».
Résultat : les femmes obtinrent ce qu’elles avaient demandé et la journée de travail s’allégea : les ouvrières furent augmentées de 12 % et tous les ouvriers bénéficièrent du samedi après-midi, pendant 6 mois de l’année.
Une victoire ouvrière ?
Non, car tout le monde était totalement épuisé et l’effectif des syndiqués s’effondra après la grève. Alors que 1152 moutonniers avaient payé leur cotisation en mai 1910, il n’en restait plus que 282 en mai 1911, un an après la fin de la grève.
A Graulhet, tout le monde semble aujourd’hui avoir oublié ce qui s’est passé il y a un siècle. Bien sûr, les acteurs de la grève sont morts. Mais ils ne semblent pas avoir légué, dans la mémoire de leurs enfants et petits enfants, beaucoup de traces de cette lutte.
100 ans plus tard, l’équipe municipale de Graulhet a décidé de se souvenir de ce formidable moment de solidarité, de retrouver la fierté de la lutte ouvrière. Aujourd’hui, il est grand temps de rendre justice aux oubliés de l’histoire.
Comment se souvenir ?
Dans ce but, les associations Graulhétoises soucieuses du patrimoine et de la culture locale ont été invitées à participer à une commission extra-municipale. Celle-ci s’est
réunie régulièrement depuis mars dernier et a élaboré un programme d’animations. Celui-ci, pour rendre compte de la durée de la grève, a prévu des événements pendant
les cinq mois correspondant à la grève, entre décembre 2009 et mai 2010.
Afin d’impliquer au mieux l’ensemble de la population graulhétoise actuelle, comme elle le fut voici un siècle, toutes ces animations : cinéma, musique, danse, conférences, expositions… seront gratuites et auront lieu en divers lieux de la ville. Elles concerneront aussi bien les jeunes des écoles que les commerçants, invités à participer à l’exposition de photos sur la mémoire ouvrière ou les anciens auprès desquels un appel à témoignage a été lancé.
L’objectif est de réveiller, comme la princesse au bois dormant, cet événement majeur de la vie graulhétoise, dans la fidélité de l’histoire et le respect des femmes et des hommes, ouvriers et patrons qui y ont participé.

Renseignement :
Mairie de Graulhet
Service Communication
Vincent Portal
Place Élie Théophile - 81304 Graulhet
Téléphone : 05 63 42 87 21
Fax : 05 63 42 85 69
Email : vincent.portal@mairie-graulhet.fr
Site Internet : www.ville-graulhet.fr
Source, affiche et photos : Communiqué du service Communication de la ville de Graulhet.



























